Roman

La nuit est un jour
comme les autres

Un roman hypnotique sur l’insomnie et le vertige d’être quelqu’un d’autre.

Couverture du roman La nuit est un jour comme les autres, de Max Torregrossa — Vérone Éditions

Deux vies, un miroir

Elle vit à Paris, entre un bureau où une cheffe toxique la harcèle, un appartement verrouillé sur ses rituels et des nuits qu’elle traverse à coups de gouttes comptées une à une. Elle connaît la forme exacte de sa vie, a construit une forteresse intérieure avec une rigueur d’architecte. Solitaire, ironique, d’une érudition d’archiviste, elle attend depuis l’enfance le retour d’une vague mystérieuse entrevue un été sur une île grecque — persuadée que « la nuit est un jour comme les autres », qu’elle en est le prolongement exact, une autre manière d’être éveillée.

Une autre femme, à l’autre bout du pays, tient un restaurant réputé face à l’océan. Héritière d’une lignée de patronnes, fille d’une mère éblouissante et absente, elle ne tient debout que par la colère, les anxiolytiques et l’amour rugueux de ses enfants.

Un soir, après s’être regardée dans un miroir, la première rêve de la seconde — à moins que ce ne soit l’inverse. De rêve en rêve, leurs deux existences se répondent, se cherchent, se contaminent, jusqu’à ce que chacune parte, en train ou en songe, à la recherche de l’autre.

Trois parties, deux voix

I

Première partie — La Parisienne

Une femme célibataire, grande, méticuleuse, assistante dans une entreprise de presse. Sa cheffe, désignée par la seule initiale M., l’humilie en réunion ; elle observe la comédie du bureau avec une lucidité d’entomologiste. Insomniaque, elle compte tout — les gouttes, les pas, les stations de métro. Fille d’un père latiniste et d’une mère angliciste, elle attend depuis l’enfance le retour de la « vague ». Un soir, après avoir croisé son reflet dans un miroir, elle fait « un rêve d’une extraordinaire précision ».

II

Deuxième partie — La Patronne

Changement complet de « je », sans transition : le rêve est raconté de l’intérieur, comme une vie entière. Une autre femme dirige un restaurant familial réputé face à l’océan. Insomniaque elle aussi, mais rongée par la colère, héritière d’une grand-mère légendaire et d’une mère éblouissante qui l’a abandonnée. La Maison la dévore ; un séjour en établissement psychiatrique — « le temps de la hache » — et la lettre d’un ancien amant lui renvoient une image d’elle qu’elle ne veut pas voir.

III

Troisième partie — Les vies croisées

Les chapitres alternent désormais entre les deux femmes, chacune persuadée que l’autre existe « de l’autre côté » du sommeil. La Parisienne part sur la côte atlantique chercher la maison de son songe ; la Patronne prend le train pour Paris. Les signes de contamination se multiplient — un livre de Kerouac, un miroir, une cousine cherchée rue Guynemer, la fontaine Médicis — jusqu’à un dénouement qui laisse délibérément le lecteur entre les deux versants du miroir.

La langue d’abord

La langue est le premier événement du roman. Des phrases longues, à l’architecture classique et rigoureuse, qui refusent la facilité du fragment et de l’ellipse.

La narratrice invite Spinoza, Keats, Whitman, Virgile ou Ovide non pas comme ornements culturels, mais comme interlocuteurs véritables — des voix avec lesquelles elle dialogue, se confronte, se consolide. La peinture de Carel Fabritius, Le Chardonneret (1654) — oiseau enchaîné, survivant de l’explosion de Delft — traverse le roman comme une métaphore filée de la vie maintenue au bout d’une chaîne, et de la beauté qui subsiste dans une lumière intacte.

Le registre ironique est constant, mais jamais amer : c’est l’ironie de quelqu’un qui comprend trop bien le monde pour s’y faire des illusions, et qui en souffre d’autant plus silencieusement.

Sans intrigue ostensible, La nuit est un jour comme les autres est un roman de l’intériorité et de l’attention. L’ouvrage interroge ce que l’on fait de ses jours lorsqu’ils ne sont plus qu’une suite de conditions, et ce que devient la nuit lorsqu’elle cesse d’être l’envers du jour pour en devenir l’exacte continuation.

Extraits

« Encore une fois ce matin, à la réunion de service, elle a voulu me faire passer pour une idiote. C’est la troisième fois en quatre semaines qu’elle se fiche ouvertement de moi devant l’équipe. Tout le monde sait pourtant que c’est elle l’incompétente, qu’elle ne connaît correctement aucun dossier relevant de son service et que son seul, mais remarquable savoir-faire, est de dresser les uns contre les autres et d’apparaître auprès du rédacteur en chef comme étant capable de faire donner le meilleur de chacun pour le bien de l’entreprise. Foutaises évidemment que tout ça ! »

Incipit — Première partie, chapitre 1

« Le matin, je me lève presque toujours douloureusement, épuisée par ma nuit et une lutte que je perds chaque fois ; je l’accepte cependant volontiers parce que mes nuits sont des lieux où je me trouve sans le dictamen de ma conscience et parce que j’y demeure à peu près un tiers de mon existence. Je ne pourrais certes pas en dire autant de mes jours qu’il m’arrive de considérer parfois comme de simples extensions de mes nuits, voire même comme des entractes. »

Première partie, chapitre 1

« Avant de me coucher, je regarde en les comptant les gouttes tomber et se diluer dans l’eau de mon verre, ensuite je le bois et souvent je compte aussi mes gorgées. C’est évidemment moins important que de compter les gouttes, mais pour moi, c’est presque aussi nécessaire et comme tout finit par être juste, je peux alors me mettre au lit et commencer cette autre sorte de jour qu’est la nuit. »

Première partie, chapitre 2

« Comment faire comprendre à quelqu’un d’aussi vivant que Nadia, dont j’admire la surdité et l’aveuglement, qu’en ce qui me concerne, j’ai moins l’impression de vivre que d’exister, précisément parce que je vois très bien et que j’entends parfaitement. C’est la nuit que j’essaie de vivre en me privant de mes sens grâce aux gouttes que je compte et aux comprimés que je prends. Et chaque matin, lorsque le doute revient avec la lumière qui traverse mes yeux et les sons qui frappent mes tympans, je cesse de vivre et commence à exister de nouveau, voilà notre différence. »

Première partie, chapitre 6

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Max Torregrossa

Max Torregrossa est critique d’art. Il vit près de Paris. La nuit est un jour comme les autres est son premier roman. Depuis plusieurs années, il écrit sur l’art contemporain. Il a fondé et anime Culturissime, newsletter indépendante consacrée à la critique d’art — textes, brèves sur les expositions à ne pas manquer, entretiens avec des artistes et des commissaires, podcasts, etc. Sa promesse : « une balade sans destination et donc sans craindre de se perdre » dans le monde de l’art.

Lecteur des classiques de tous les continents, il s’intéresse de longue date aux liens entre peinture, musique et récit — ce que raconte un tableau quand on cesse de le décrire pour le regarder vivre. Ce regard nourrit directement la texture de son premier roman, où Fabritius, Giotto, le Caravage et Fra Angelico côtoient Proust, Woolf, Borges et Kerouac.

Informations pratiques

Titre
La nuit est un jour comme les autres
Auteur
Max Torregrossa
Éditeur
Vérone Éditions — 75 boulevard Haussmann, 75008 Paris — editions-verone.com
Parution
3e trimestre 2026
ISBN
979-10-423-1687-7
Prix
32,50 €
Genre
Roman contemporain
Pagination
420 pages
Dépôt légal
3e trimestre 2026 — Imprimé en France

En librairie et sur les plateformes en ligne ; commande auprès de l’éditeur.

Espace presse

Ressources pour les journalistes et libraires : dossier de presse, communiqué et visuels.

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Mentions

Site vitrine du roman La nuit est un jour comme les autres de Max Torregrossa, publié chez Vérone Éditions.

Éditeur du site / Directeur de la publication
Max Torregrossa
SIREN : 405 137 977
Contact : contact@lanuitestunjour.fr

Éditeur du livre
Vérone Éditions — 75 boulevard Haussmann, 75008 Paris
editions-verone.com

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